Héros de Goussainville
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ROUSSEAU Jean


   
ROUSSEAU Jean Gaston Charles Officier Légion d'Honneur
ROUSSEAU Jean    
Châtelus-le-Marcheix 4 juillet 1899 - Goussainville 27 juin 1971    
Inscrit sous le N° 520 de la liste du canton du 5e Arrondissement. 
Classé dans la 1ère partie de la liste en 1918. 
Classé dans la 7e partie de la liste en 1920 et en 1921 et en 1922. 
A obtenu un sursis d'incorporation Art 21 après les hostilités. 
Incorporé au 13e Régiment d'Artillerie à compter du 19 avril 1918. 
Arrivé au corps le 19 avril 1918. 
Passé au 6e Régiment d'Artillerie de campagne le 19 juillet 1918. 
Passé à la 22e Section d'Infirmiers militaires le 18 janvier 1919. 
Passé au 201e R.A.C. le 1er janvier 1920. 
Mis en congé illimité de démobilisation comme sursitaire le 6 Novembre 1919, 10e échelon n° 1064 par le dépôt démobilisateur de la 22e Section d'Infirmiers. 
Certificat de bonne conduite accordé. 
Maintenu dans ses foyers (D.M. N° 793021 du 19 juillet 1922). 
Affecté Plan P, au 22e Régiment d'Artillerie de Campagne. 
Nommé Médecin et Pharmacien auxiliaire de réserve le 20 avril 1923. 
Affecté à la 22e Section d'Infirmiers Militaires par Décision du Directeur du Service de Santé de la G.M.P. en date du 20 avril 1923. 
Passé au 232e R.A.C. en éxécution de l'ordre M 104B du 10 janvier 1924 du Directeur du Service de Santé du G.M.P. 
Nommé Médecin Aide Major de 2e classe par décret du 19 septembre 1925. (J.O. du 24 septembre 1925). 
Affecté au G.M.P. (avis du 10.12.25). 
Promu Médecin Major de 1ère classe de réserve par décret du 5 juillet 1927 (JO du 12) rang du 18 mars 1927 et maintenu au G.M.P. 
A accompli une période d'instruction de 15 jours sans solde au 34e Régiment d'Aviation du 1er au 15 juin 1932. 
A accompli une période d'instruction de 41 jours du 12 septembre au 20 octobre 1934 au camp de Mourmelon GRD n° 4. 
Aux armées le 9 septembre 1939. 
Passé au CRP F5 le 1er décembre 1939. 
Replié sur l'intérieur le 21 juin 1940. 
Démobilisé le 16 juillet 1940. 
Promu au grade de Médecin Capitaine rang du 25-6-40 (JO du 22) Décret du 2.9.40. 
A servi dans les FFI du 18.8.44 au 25.8.44. 
Promu au grade de Médecin commandant rand du 1.10.50 (JO du 30-1-51). 
Par décret du 27 janvier 1951 (JO du 30 janvier 1951) Promu au grade de Médecin Commandant de Réserve pour prendre rang du 1.10.1950. 
Rayé des cadres - Art. 31 de la loi di 1.12.56 DM n° 16904 I/T/DC SSA du 14.10.1960. 
Admis à l'honorariat. 
 
Campagnes 
Contre l'Allemagne du 19 avril 1918 
Intérieur du 19 avril 1918 au 23 octobre 1919 
 
Blessures, Citations, Décorations 
blessure. 
Chevalier de la Légion d'Honneur (Décret du 12.12.52 (avec traitement)).
Registre Matricule - Archives Paris 5e - 1919 597 
Résistant  
Maire de Goussainville 1934-1939 et 1945-1953
Officier de la Légion d'Honneur (Journal officiel du 21 décembre 1952)
 
Plaque de la Rue de Docteur ROUSSEAU à Goussainville

Discours prononcé par son fils  
 
lors de l'inauguration de la rue du Docteur Jean Gaston Charles ROUSSEAU
 

En 1926 arrivait en gare de Goussainville un jeune médecin.
Il s'appelait Jean Gaston Charles ROUSSEAU et il était certainement loin de se douter qu'avec la population, il allait pendant un demi-siècle remplir les pages blanches de l'histoire encore vierge du lotissement de Goussainville.
Cette belle histoire, je vais tenter.de la résumer devant vous, mais avant d'aller plus loin je voudrais que l'hommage que nous rendons aujourd'hui s'adresse aussi à son épouse, ma mère Henriette ROUSSEAU née Péress.
Elle fut sa muse de tous les jours et sans elle rien n'eut été possible.
Lorsqu'elle disparut en 1968, mon père sombra dans un douloureux chagrin qui l'emporta quelque temps après.
C'est donc en 1926 sur les conseils de mon grand père Frédéric ROUSSEAU alors contrôleur des indirects, que le jeune docteur Jean-Gaston ROUSSEAU vint à Goussainville.
Il était beau et ses yeux bleu transparents donnaient à son regard une infinie tendresse.
Nul doute que ce jeune homme qui arrivait parmi les Goussainvillois, mobilisé en 1917 à l'âge de 18 ans, avait été marqué profondément par la souffrance de sa mère et le sacrifice de son père.
C'est là certainement la source de son sacerdoce et de son amour pour les petits et les déshérités.
A l'époque il consultait dans l'arrière boutique du Café de la Gare et empruntait les vélos des ouvriers qui étaient partis travailler à Paris.
C'était alors l'épopée et les Goussainvillois d'aujourd'hui peuvent difficilement s'imaginer ce vaste espace de terre agricole traversé comme par une flèche, par la ligne du chemin de fer.
Et les vieux Goussainvillois ont tous en mémoire l'image d'Épinal quasi mythique du médecin botté et crotté, qui parcourait en vélo les rues en terre battue.
C'est parmi une population laborieuse qu'il exerça son art; accouchant la nuit et consultant le jour.
Il était toujours là quand il fallait, guérissant souvent, et réconfortant toujours.
Voyez vous, Mesdames et Messieurs, cet homme là ne supportait pas de voir les gens malheureux.
Rappelons-nous qu'à cette époque l'anivée du médecin était chose sérieuse et grave. ll n'y avait alors ni antibiotique, ni Sécurité Sociale, et la maladie pouvait amener ruine et désespoir dans une famille modeste.
C'est donc tout naturellement qu'il participa à la vie communale y trouvant une façon complémentaire de soulager la souffrance des plus démunis.
Marié en 1933, élu Maire en 1934 pour la première fois, mobilisé en 1940 à Vitry-le-François, il vécut avec humiliation la débâcle de l'armée Française.
Après l'armistice, il revint à Goussainville ou il trouva la maison occupée par les soldats Allemands.
Le gouvernement de Vichy avait alors nommé à sa place un Maire à sa botte.
De 1940 à 1945 dans les rigueurs de l'occupation allemande, il exerça sa profession de médecin tout en participant avec d'autres Goussainvillois à des actions de résistance :
- Sauvetage et évacuation des aviateurs alliés
- Soins aux blessés de la résistance
Sauvetage des Français persécutés.
Cette période de sa vie fut certainement la plus belle et la plus glorieuse.
" Le Capitaine Jean " ne dut le salut qu'au silence héroïque et aux sacrifices de certains de ses camarades de combat.
Appelé un jour pour constater le décès, après torture d'un résistant de son réseau, il fut peu de temps après arrêté par la Gestapo en pleine consultation il ne savait pas alors si l'homme avait parlé.
En fait le résistant, ce héros avait préféré mourir sous la torture plutôt que de desserrer les dents.
Au nom de ma famille et des Goussainvillois, je rends hommage ce soir, au sacrifice de ce Français dont une rue à Fontenay commémore le souvenir à tout jamais.
En 1945 mon Père reprit ses fonctions de premier magistrat de la ville qu'il ne quittera volontairement qu'en 1953 pour se consacrer uniquement à la médecine.
A la libération, tout était à refaire.
Les Goussainvillois manquaient de charbon pour se chauffer, manquaient de vêtements, de chaussures. Il n'y avait plus de lait pour les 'tout petits'. 
Son action fut toujours d'apporter le nécessaire à ceux qui manquaient de tout.
Cette période de l'histoire de Goussainville fut un très bel exemple de fraternité populaire.
Il fallut organiser les cantines scolaires, créer un dispensaire de protection maternelle et infantile, mettre en route un service d'ambulances, réorganiser les services municipaux, aider les soldats du feu, s'occuper des adolescents en créant le PLOG et envoyer les enfants en colonie de vacances.
Voilà Mesdames et Messieurs un trop bref résumé d'une riche période de l'histoire de notre ville écrite avec la sueur, les larmes et le sang de la population.
Le Docteur Jean-Gaston ROUSSAU vécut parmi elle une existence véritable en parfaite communion avec les Goussainvillois qu'il aimait tant et aux côtés de son épouse « L'Ange aux cheveux d'argent et au coeur d'or '.
Il fut un homme de concorde comme la rue qui désormais portera son nom.
Robuste à l'image de la Creuse d'où il venait.
Médecin, patriote, Maire, il sut aussi être le Père tendre et affectueux que je n'oublierai jamais.
 
Nommé Médecin Auxiliaire - J.O. 23 novembre 1925 ( Gallica )
 
ROUSSEAU Jean Medecin aide-major 1ere classe resrve JO 11 juillet 1927
Médecin Aide-Major de 1ère classe de réserve - J.O. 11 juillet 1927 (Gallica ) 
 
ROUSSEAU Jean Tableau avancement Commandant JO 16 12 1950
Inscription au Tableau d'avancement pour le grade de Commandant - 16 décembre 1950 ( Gallica )
 
 
Promu Médecin Commandant - J.O. 29 janvier 1951 ( Gallica )
 
ROUSSEAU JEAN Promu Officier LH JO 21-12-1952
Promu Officier de la Légion d'Honneur - J.O. 21 décembre 1952 ( Gallica )
 
Il repose auprès de son épouse dans le cimetière de Goussainville 
Collection Dr JP Rousseau